Pálac Fénix est un court-métrage réalisé autour de la maladie. Une voix verbalise ses pensées sur le cancer qui touche une proche.
Techniquement, le film combine une suite de photographies à des rafales de type pixilation. Les images ont été prises entre Prague, Venise et Paris entre 2016 et 2017. Elles montrent des vitrines de magasins, des mannequins en plastique, des objets. Les visages inanimés se superposent aux mots. Ainsi, cette voix féminine, grave interroge le son, l’image alors que la mémoire s’active pour visualiser la malade.
Les visages et les corps des mannequins sont autant de tentatives de trouver la vie dans l’image. Ils rappellent le spectateur à une certaine idée de la féminité, à une certaine idée du corps, à sa représentation, sa tenue. D’une ville à l’autre, les figures s’obstinent à se ressembler de telle sorte qu’on ne sait pas où se situer et que l’on ne trouve que peu d’indicateurs géographiques. La ville contient cette part d’image suffisante, figée et reconnaissable de tous.
Le choix d’une certaine brutalité dans les rafales prises à main levée, le choix du montage qui tantôt suit les souffles de la voix, tantôt coupe pour mettre en évidence la fixité des images et de leurs sujets, tient sur la volonté de retranscrire le flottement mental, l’instabilité physique durant la douleur, que celle-ci soit morale et/ou physique. Avec ses saccades, la pixilation rend compte du mouvement du corps et des souvenirs qu’il se crée à l’instant.
L’enregistrement de la voix off est fidèle et brut. Il n’a fait l’objet d’aucun traitement, par volonté de conserver les sons extérieurs, buccaux et rappeler ainsi cette voix à un autre espace, un espace invisible mais audible, qui n’est pas celui de l’image. Elle seule peut donc suggérer la vie. Elle est toutefois réduite à la solitude, à la dimension épistolaire, à la pensée.
